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ÉCONOMIE : Tout savoir sur le mécanisme de planche à billet !


En Tunisie comme dans le monde entier, le recours à la planche à billet pour financer l’Etat et relancer l’économie est un sujet qui fait l’objet d’un grand débat. Qu’est-ce que cette technique, pourquoi ne fait-elle pas l’unanimité et est-elle faisable en Tunisie ? Explications.


1- Qu'est ce que la planche à billet ?




La planche à billet est une méthode que plusieurs Etats y aient recours après des crises économiques afin de tenter de stimuler la consommation, l’investissement et la croissance ou bien pour pouvoir rembourser leurs dettes.
Son concept est simple : Imprimer plus de billet que ce que dont l’économie a besoin, c’est-à-dire créer de la monnaie sans création de richesse correspondante. En effet, en temps normal, pour pouvoir créer de la monnaie, la banque centrale d'un pays doit disposer de compensations à l'actif de son bilan, en l'occurrence de l'or, des réserves de changes et des titres etc... C'est ce que l'on appelle les contreparties de la masse monétaire.
Faire fonctionner la planche à billet c’est renoncer à ce principe et cela n’est bien évidemment pas sans conséquence.


2- Comment sauve-t-elle une économie ?


La planche à billet est une stratégie comportant un triple avantage.
Tout d’abord, elle permet à un Etat “d’éponger” son déficit public gratuitement, sans faire appel aux investisseurs privés et / ou extérieurs.
En outre, comme l'Etat ne fait pas appel aux marchés d’obligations, les taux d'intérêt restent bas, ce qui permet de faciliter le financement de l'investissement privé et de la consommation des ménages. 
Et finalement, de par cet excès artificiel de liquidités, la devise du pays concerné se déprécie, soutenant par là même les exportations et la croissance du pays en question.

3- Un créateur d’inflation !


Le seul danger de cette stratégie est que la conséquence inévitable d'un excès de création monétaire est une inflation galopante. En effet, Lorsqu’une banque centrale actionne la “planche à billets”, cela signifie qu'elle crée de la monnaie sans contreparties préalables. Elle imprime des billets “sur la base de rien”. Par conséquent, d'après la théorie économique, dès lors que la demande augmente plus vite que l'offre, cela devrait provoquer une augmentation des prix des biens et services de consommation courante.
Cela ne s’agit que d’une théorie qui est, en réalité, très discutable. Certains économistes pensent que l’inflation causée par ‘l’augmentation sans contrepartie’ de la masse monétaire n’est pas évidente et qu’il existe beaucoup d’autres facteurs qui sont à l’origine d’une inflation. Un sujet qu’on évoquera dans un prochain article.

4- Une suspension de l’indépendance entre la BC et l’Etat est nécessaire !


Pratiquement dans le monde entier et en Tunisie récemment, le cordon entre le pouvoir exécutif et la banque centrale est coupé. Et par conséquent, en cas de besoin de financement de son déficit, un Etat ne peut, en aucun cas, solliciter la banque centrale pour obtenir des découverts ou des crédits ni lui demander d’acquérir directement des titres qu’elle a émis, quitte à faire fonctionner la planche à billets.
Il faut préciser par ailleurs qu’en Tunisie, la BCT peut, si elle accepte, accorder des avances au trésor public pour combler des besoins de liquidité de l’Etat, mais cela ne s’agit en aucun cas d’une dette.
Sans pour autant rentrer dans les détails, cela nous laisse affirmer que cette technique est supposée non faisable dans les États qui ont confié la gestion de la monnaie à une banque centrale indépendante et elle nécessite une ‘suspension’ de cette indépendance pour pouvoir la pratiquer… 


5- Est-elle la remède miracle pour relancer notre économie ? 



Certes, en règle générale, il semble préférable d'éviter le recours à ces techniques à cause de ses mauvaises répercussions dans l’avenir comme on a déjà parlé au début de l’article, mais le gouvernement n’aura certainement pas d’autres choix et il doit prendre des mesures exceptionnelles pour préserver le tissu économique du pays.
Selon les experts et les économistes, l’Etat Tunisien doit réagir au plus vite et se permettre, au moyen d’un décret, de se financer directement de la BCT et mettre cette indépendance en stand by pendant quelques temps. En effet cela lui permettrait de disposer des liquidités nécessaires pour honorer ses engagements dans les années à venir et surtout sauver les entreprises et garantir les salaires afin d’éviter une catastrophe économique. D’ailleurs plusieurs pays comme l’Angleterre ont déjà eu recours à cette solution pour faire face à cette crise mondiale.

Par Baananou Brahim

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